UMP et assembléePatrick Ollier Président de la Métropole du Grand Paris - Député de la 7ème circonscription des Hauts-de-Seine

Rueil-Malmaison - Garches - Saint-Cloud

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Décès de Patrick Roy : Patrick Ollier a rendu un hommage solennel au député

Patrick Ollier a prononcé le mardi 24 mai à 16h en séance publique à l’Assemblée nationale, à l’issue de l’intervention du président Bernard Accoyer, l’éloge funèbre de Patrick Roy, député du Nord, décédé le 2 mai dernier.

""Madame, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés,

Le 3 mai dernier, Patrick ROY nous quittait. Un mardi. Jour de séance des Questions au Gouvernement. Ces séances qu’il appréciait tout particulièrement et qui lui permettait de questionner le Gouvernement, souvent avec force, au point qu’il s’est fait connaître comme le « député à la veste rouge » ! Mais derrière cet emblème, traduction de colère – parfois – et d’humour – souvent –, se cachait un homme d’une grande délicatesse dans son rapport aux autres, d’une sincérité profonde dans son engagement politique et d’une générosité sans faille.

Il débute sa vie professionnelle en 1977 comme contrôleur de gestion d’une entreprise, près de Cambrai. Mais très vite il préfère se mettre au service des autres. Diplômé de l’Education nationale, il devient instituteur à partir de 1983 et le restera près de vingt ans. Un goût affirmé pour la chose publique, un cœur bien ancré à gauche, le poussent vers la politique. Il s’implique au sein du Parti socialiste et devient secrétaire de section à Denain en 1995. Mais Patrick Roy veut s’investir plus avant au service de ses concitoyens, au service de sa ville, Denain, durement touchée par la désindustrialisation. Il aspire à participer à la gestion de sa ville et devient adjoint au maire en 2001, puis conseiller général.

Sa carrière politique commence alors et prend rapidement de l’ampleur. Le 16 juin 2002, il est élu député de la 19ème circonscription du Nord. Il est réélu à l’Assemblée nationale, le 17 juin 2007. En mars 2008, il devient maire de sa chère ville de Denain. Il s’identifie à son territoire, il se fait l’ambassadeur de Denain à Paris, il se bat pour la survie de cette région sinistrée, pour cette ville où les habitants ne paient pas l’impôt sur le revenu car leurs revenus ne sont pas suffisants, disait-il.

Il répétait souvent que ses dossiers prioritaires étaient le chômage, l’emploi, les petites retraites, le logement… Nous le sentions fier de représenter ses concitoyens du Nord.

Mais sa préoccupation des autres le portait, au-delà de sa région, vers l’ensemble des Français : à l’Assemblée nationale, il présidait le groupe d’études sur les conséquences de l’exposition à l’amiante. Il intervenait régulièrement sur ce délicat dossier. Cette question lui tenait à cœur et assidûment, là encore, il se faisait le porte-parole des sans voix.

Patrick Roy est également connu pour un autre de ses combats… Un combat particulier, qui peut paraître décalé dans cette enceinte, une cause qui lui était chère : le rock métal. « Une musique très injustement mal connue, extrêmement créative, mais au mieux ignorée, au pire diffamée », disait-il. Excusez-moi de m’attarder sur ce point, mais lui rendre hommage est aussi évoquer le problème de la diversité de l’offre musicale dans le service public qui ignore le rock métal, « injustement méprisé par les médias », nous disait-il le 15 mars dernier !

Cette séance du 15 mars 2011 restera à jamais gravée dans nos mémoires. Ce jour où un homme politique, un député, est venu délivrer dans l’hémicycle « un message d’amour », pour reprendre ses termes. Nous le savions malade, nous le croyions perdu en cette fin d’année 2010, puis un nouveau traitement lui a donné une exceptionnelle et nouvelle force de vie ! Nous avons avec lui, avec ses amis, avec Geneviève, voulu y croire, tant son enthousiasme était communicatif.

Ce laps de temps, tombé du ciel alors que tout semblait perdu, il l’a mis à profit pour dire son amour des gens, de la vie, pour dire au revoir aux siens, à ses amis, à ses adversaires, à tous ceux qui le faisaient se sentir vivant. Jusqu’à la fin, il est resté debout, tourné vers les autres.

Dans son message du 15 mars, au-delà de son cas personnel, il parlait pour toutes les personnes qui se battent contre la maladie. Il disait : « Face à la mort redoutée, il y a la vie espérée. Ce souffle, vous me l’avez tous donné. Il faut aussi le donner aux millions de victimes qui comme moi luttent pour la vie. La vie est tellement belle ! Ces victimes, aimez-les, aimons-les, entourez-les, entourons-les. Le cœur accomplit des miracles ».

En tant que ministre chargé des Relations avec le Parlement, je tiens à saluer la mémoire du parlementaire assidu qu’il était, investit jusqu’au bout dans sa mission, avec une énergie et un courage exceptionnels. Homme de conviction, Patrick Roy était un adversaire pugnace, constructif mais sans concession ! Je salue le militant sincère et dévoué au socialisme qui avait une haute idée de la politique. Les différences n’empêchant ni l’estime, ni le respect, ni même l’amitié !

C’est avec dignité et un optimisme à toute épreuve qu’il a fait face à la maladie qui l’a emporté. Patrick Roy n’a jamais abdiqué. Il est un exemple de courage ! Courage partagé par sa famille, son épouse Geneviève et son fils Kevin.

C’est dans le cœur de chacun des hommes et des femmes dont Patrick a marqué le destin qu’il laissera pour toujours son empreinte.

En 1903 à Albi, dans son Discours à la jeunesse, Jean Jaurès disait : « Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ». Patrick Roy a eu ce courage-là.

A ses collègues du groupe socialiste, à ses collègues de la commission des affaires sociales, à vous Geneviève, à vous Kevin, à toute votre famille, je vous présente au nom du Gouvernement mes plus sincères condoléances. "

PATRICK OLLIER

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