UMP et assembléePatrick Ollier Président de la Métropole du Grand Paris - Député de la 7ème circonscription des Hauts-de-Seine

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“Je suis pour la péréquation, sauf lorsque cela devient une puniton” (interview de Patrick Ollier du 28/10/2015 au Journal du Grand Paris)

Patrick Ollier, qui va déposer des amendements pour geler le FPIC 2016 (Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales) à son niveau de 2015 et artisan actif de la Métropole du Grand Paris, s’est confié au Journal du Grand Paris le 28 octobre sur l’avènement de la Métropole et sur la nécessité d’une politique de solidarité raisonnée. Le député-maire déplore en effet l’état d’impréparation extrême qui caractérise le lancement de la métropole du Grand Paris, qui naîtra le 1er janvier 2016 et livre ses convictions sur la nécessité d’une gouvernance partagée de la MGP.

L’interview au Journal du Grand Paris :

Comment percevez-vous l’avènement de la métropole du Grand Paris ?

Nous sommes confrontés à de nombreuses incertitudes à propos de la métropole, inédites par leur ampleur. Ainsi, nous venons juste d’avoir l’ordonnance financière qui doit permettre à l’institution de fonctionner le 1er janvier, dans 2 mois ! Cela provient d’un manque inquiétant de coordination et d’anticipation de la part du gouvernement. La Direction générale des collectivités locales (DGCL) et Bercy se renvoient la balle pour ne pas nous transmettre les simulations financières et fiscales dont nous avons pourtant besoin. Nous sommes fin octobre, tout doit être mis en place, territoire, réforme de la DGF et métropole, et nous ne savons toujours pas la marche à suivre. Sans doute ne fallait-il pas tout faire en même temps et définir des priorités. Le problème n’est pas de se gargariser de ces carences, en adoptant des postures. Le problème, c’est l’intérêt général, celui des populations, dans une métropole qui doit rassembler demain 131 communes et 7 millions d’habitants.

Etes-vous candidat à la présidence de la métropole du Grand Paris ?

Je considère, tout comme Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse, que le débat sur la présidence de la métropole du Grand Paris ne doit pas perturber la campagne pour les élections régionales. Je ne me prononcerai donc pas avant les résultats de ce scrutin. Mais nul ne peut ignorer l’intérêt que je porte à la métropole, ayant été, par exemple, un des artisans de la motion adoptée à l’automne dernier par 94% du conseil des élus de la mission de préfiguration. Je suis député-maire d’une commune de 80.000 habitants et un des membres actifs de Paris Métropole depuis 7 ans. J’ai été à la manoeuvre tout au long du débat parlementaire, hélas sans grand succès puisque le gouvernement a finalement décidé de tourner le dos au texte pourtant plébiscité par le conseil des élus. J’ai été rapporteur général de la loi Pasqua de 1994 relative à l’aménagement du territoire. En tant que président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale pendant 10 ans je me suis toujours intéressé aux questions d’intercommunalité. Or la métropole, c’est de l’aménagement du territoire appliqué à un territoire local et c’est de l’intercommunalité. Je constate que certains ne s’intéressent à la métropole du Grand Paris que depuis 6 mois, un an tout au plus !

Quels contours doit prendre la métropole du Grand Paris à vos yeux ?

Ceux d’unemétropole stratège, au niveau national bien sûr, mais aussi au plan européen et international. La métropole doit également constituer un échelon de proximité, de coordination et d’harmonisation des politiques locales, en soutenant le bloc local dans le débat métropolitain. Parce que la métropole n’est que l’agrégation de 131 communes. C’est d’ailleurs pourquoi je considère que le président de la métropole doit absolument être un maire. Je crois aussi que la métropole devra veiller à la solidarité entre les communes membres et à la défense des intérêts communaux au travers de la proximité. Une fois le fait majoritaire, incontestable, établi, par l’élection d’un ou d’une présidente, de la droite et du centre, on doit aller vers une gouvernance partagée, qui caractérise toutes les intercommunalités.

Quel regard portez-vous sur les annonces du récent comité interministériel Grand Paris en matière de logement ?

Chacun a compris que Grand Paris aménagement constituait l’outil de l’Etat pour mettre en place un urbanisme d’Etat ; En même temps, chacun voit que cet outil ne peut fonctionner sans le soutien des communes. Il faut donc se montrer très vigilant afin que tout cela fonctionne bien dans l’intérêt des communes. Le récent comité interministériel Grand Paris a annoncé, en l’espèce, des décisions qui nous n’approuvons pas. Je crains qu’elles soient pour partie liées à la perspective des prochaines échéances électorales. Des décisions électoralistes ne répondant pas à l’intérêt général !

Qui, du président de la Région, de celui de la métropole ou du maire de Paris devra représenter le Grand Paris à l’étranger ?

Si c’est concernant l’attractivité, c’est en priorité la métropole, qui regroupe les 131 communes au sein des lesquelles le développement économique se fait, qui doit représenter le Grand Paris à l’étranger. Après, cela peut très bien également être la région, chargée par la loi du développement économique. En ce sens, un binôme constitué des présidents de la Région et de la métropole doit pouvoir très bien fonctionner. C’est la complémentarité qu’il faut mettre en avant et non l’un plus que l’autre.

Quels doivent être, selon vous, les premières décisions du président de Paris métropole ?

Elles doivent être de faire changer la loi, afin de la rapprocher du texte voté à la quasi-unanimité du conseil des élus, revenant vers une métropole qui porte avant tout, de la base vers le haut et préserve la fiscalité locale pour les territoires de 2016 à 2020. Ce que nous avons voté n’a été mis en place que jusqu’en 2020. C’est dans ce sens que la loi doit être changée. Il y a du pain sur la planche, et ne pourra se faire qu’en cas d’alternance en 2017.

Quel jugement portez-vous sur la carte des territoires ?

Les Etablissements publics territoriaux constituent un échelon qui doit s’affirmer ! Hélas l’Etat s’est opposé à notre grand territoire dans les Hauts de Seine. Une des premières choses que nous ferons, avec les communes du Nord du Département, consistera à mettre en place un système de conventionnement afin de travailler intelligemment ensemble. En gardant à l’esprit le fait que les choses pourraient changer en 2017. Les territoires ont un périmètre plus ou moins pertinent pour mettre en oeuvre des politiques de proximité. Il faut résolument s’y engager.

La métropole doit-elle réviser à la hausse ses ambitions péréquatrices ?

J’avais proposé un fonds d’investissement métropolitain, qui permette de corriger les inégalités en soutenant l’investissement et non le fonctionnement des collectivités qui peuvent en avoir besoin. Pourquoi ne l’a-t-on pas fait, ou si faiblement que cela n’aura aucun impact ? Je suis pour la péréquation, à condition toutefois qu’elle ne se transforme pas en punition pour les communes contributrices, ce qui est le cas actuellement, avec le FPIC ou le FSRIF. Aujourd’hui, on ne sait pas comment est utilisé l’argent de la péréquation. La Métropole sera le bon niveau pour s’en occuper.

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