UMP et assembléePatrick Ollier Président de la Métropole du Grand Paris - Député de la 7ème circonscription des Hauts-de-Seine

Rueil-Malmaison - Garches - Saint-Cloud

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Maisons de l’Emploi : l’intervention de Patrick Ollier en séance à l’Assemblée nationale le 24 mars 2009

Patrick Ollier est intervenu en séance le 24 mars 2009, dans le cadre du débat sur les suites de la mission d’information sur les Maisons de l’Emploi.

Parallèlement à la nécessité, pour l’État, dans un contexte économique difficile, et alors que la France connaît de nouveau une hausse importante du chômage, de mener une action plus que jamais volontariste en matière d’emploi, l’action des collectivités territoriales à travers les des Maisons de l’emploi, créées en janvier 2005 dans la foulée du Plan de Cohésion Sociale, est également fondamentale : "Les Maisons de l’emploi font aujourd’hui partie intégrante du dispositif français d’aide à l’emploi. Il nous appartient de veiller à ce qu’elles soient pleinement reconnues : ce serait un signe fort de l’engagement de l’ensemble des collectivités territoriales, aux côtés de l’État et en partenariat avec celui-ci ", a souligné le député qui a lui même activement porté la création de la Maison de l’emploi de Rueil – Cœur de Seine, un projet pilote qui a vu le jour en janvier 2006 pour renforcer un dispositif existant depuis 1986.

Intervention de Patrick Ollier dans le cadre du débat d’initiative parlementaire du mardi 24 mars 2009 à l’Assemblée sur les les suites de la mission d’information de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales sur les maisons de Maisons de l’Emploi.

« Janvier 2005, création des maisons de l’emploi. J’en tire quelque fierté puisque c’est la maison de l’emploi de Rueil-Malmaison créée en 1986 qui a servi d’exemple à l’époque.

Et voilà que brutalement, en 2007, on s’interroge lors des débats dans cet hémicycle sur la réforme du service public de l’emploi.

Entre 2005 à 2007, les maisons de l’emploi ont-elles démérité ? Le principe s’est-il brutalement transformé en quelques mois ? Y a-t-il éventuellement quelque volonté de nous empêcher d’aller jusqu’au bout de notre démarche de cohésion dans l’organisation du retour à l’emploi dans les territoires ?

La mission de coordination des maisons de l’emploi est réelle, comme leurs missions d’aide à la reconversion, d’information, d’orientation, d’accompagnement, et même de placement, monsieur le secrétaire d’État. Je vous ai entendu tout à l’heure mais je ne suis pas d’accord avec vous parce que nous faisons du placement et que cela se passe parfaitement bien. Il faut simplement qu’il y ait réellement un lieu unique et une volonté de coordination, et, à ce moment-là, les maisons de l’emploi sont utiles.

Si elles sont utiles, l’État doit nous donner les moyens de les pérenniser… Si elles ne le sont pas, il faut le dire tout de suite et les supprimer.

Je suis de ceux qui considèrent qu’elles sont utiles. Face à une crise importante, nous ne pouvons pas donner le sentiment que nous hésitons dans le soutien à apporter à un élément essentiel sur le territoire pour favoriser le retour à l’emploi.

Bien sûr, là où il y a une volonté, il y a un chemin, et ce que l’on fait dans un département n’est pas forcément ce que l’on fait dans un autre, je vous l’accorde. Il y a plus de 200 maisons de l’emploi et la vérité n’est pas la même partout, je vous l’accorde aussi.

Néanmoins, j’ai quelques interrogations qui méritent, je pense, qu’on en débatte.

S’agissant de la mise en œuvre, je considère que les services de l’État ne font pas partout tout ce qu’il faut pour aider à la réussite des maisons de l’emploi.

Il y a beaucoup à faire au niveau des instances décentralisées pour que nous ayons, nous, les élus locaux responsables de ces maisons de l’emploi, la certitude que nous jouons tous dans le même camp et que nous mettons nos efforts en commun pour lutter contre le chômage.

L’État doit donc exercer son autorité pour que les services qui ne sont pas aussi allants qu’ils devraient l’être soient recadrés sur leurs missions, car la réussite passe par le soutien de l’État.

Sur le budget, vous avez raison. Je cite mon exemple parce que je n’en connais pas tellement d’autres : j’attends encore pour notre maison de l’emploi le paiement de subventions de 2007 (« Moi aussi ! » sur divers bancs), 63 000 euros. Pour une petite maison de l’emploi comme la mienne, c’est énorme. Avant de critiquer et de dire que ça ne marche pas, l’État doit respecter les engagements pris et honorer les échéances de financement, car les collectivités territoriales n’ont pas forcément toutes les moyens de le faire à sa place.

Voilà des questions simples, posées par quelqu’un qui a un peu d’expérience de terrain depuis 1986 et qui voit comment les choses se passent.

Pour que les maisons de l’emploi aient une chance de réussir, il faut structurer le partenariat avec le Pôle emploi, à la condition que l’on se fixe des objectifs communs. Cette complémentarité sur le terrain passe par une coordination avec un coordinateur, qui puisse répartir les rôles des uns et des autres. Elle ne pourra exister que si l’on supprime d’autres acteurs qui ne sont pas toujours là.

Oui, madame la rapporteure, les PLIE doivent intégrer les maisons de l’emploi, ainsi que les missions locales. On ne peut être efficace si l’on continue à voir des instances se concurrencer, des présidents qui ne s’entendent pas et qui, bien souvent, ne se parlent pas, et des services qui ne travaillent pas toujours ensemble.

Nous devons avoir les mêmes objectifs, les mêmes modalités de financement, le même souci de complémentarité. Nous voulons aider l’État, nous voulons aussi que l’État nous aide.

Il faudra alors avoir un cahier des charges bien établi.

Jean-Paul Anciaux, qui a fait un travail remarquable sur le cahier des charges, et Marie-Christine Dalloz, qui a fait un rapport tout aussi remarquable, disent la même chose. Nous n’avons peut-être pas tort dès lors que nous disons tous la même chose.

Je souhaite que vous nous entendiez car les critères et le cahier des charges doivent être clairement établis par l’État. Nous sommes prêts à les respecter.

Plutôt que la confusion, je souhaite la clarification. Plutôt que l’incertitude dans les financements, la pérennisation. Plutôt que la dispersion, le rassemblement. À partir du moment où nous serons capables d’organiser cette complémentarité, les maisons de l’emploi fonctionneront bien.  »

Pour accéder au compte-rendu intégral de la séance, cliquer sur le lien ci-dessous

La seconde séance du mardi 24 mars 2009