UMP et assembléePatrick Ollier Président de la Métropole du Grand Paris - Député de la 7ème circonscription des Hauts-de-Seine

Rueil-Malmaison - Garches - Saint-Cloud

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OGM : trois questions à Patrick Ollier

Article publié dans le "GARCHES MAGAZINE" de juin 2008

Patrick Ollier, le projet de loi sur les OGM vient d’être adopté par le Parlement.

Pourquoi ce texte ?

« Il s’agit d’inscrire la France dans le cadre réglementaire en transposant la directive européenne du 12 mars 2001 acceptée par Monsieur Jospin. Ce projet de loi ne se prononce donc pas « pour » ou « contre » les OGM, mais encadre la culture des plantes génétiquement modifiées en organisant la vigilance, la transparence et la responsabilité. Il consacre ainsi le libre choix de consommer et de produire avec ou sans organismes génétiquement modifiés. Ce texte est donc indispensable à notre pays et l’épisode parlementaire du 13 mai à l’Assemblée n’a fait que retarder sa mise en oeuvre. »

Quelles en sont les principales mesures ?

« Il défend le principe de précaution et de prévention avec la création d’un Haut Conseil des biotechnologies. Cette instance indépendante et pluridisciplinaire, composée de scientifiques de renom et de membres de la société civile, sera chargée d’émettre des avis publics sur toute question relative aux organismes génétiquement modifiés, notamment en matière d’évaluation des risques et d’autorisation de mise en culture à des fins de recherche. Il garantit par ailleurs le droit à l’information en mettant en place un registre national public où figureront la nature et la localisation des parcelles OGM sur Internet. Un pari de transparence totale qui impose, en contrepartie, le respect des cultures et des essais par l’institution d’un « délit de fauchage ». Il est en effet temps que la loi soit enfin respectée, d’autant que les faucheurs volontaires, en anéantissant la recherche médicale liée aux OGM, ont éliminé toute possibilité de brevet français dans ce domaine, rendant finalement service à Monsanto qui récupère nos chercheurs, notre recherche et nos brevets ! Nous perdons ainsi non seulement des entreprises françaises mais aussi notre capacité d’expertise, et donc à terme notre indépendance. Or, je suis attaché à l’indépendance scientifique de notre pays. »

Vous êtes un acteur engagé de la défense de l’Environnement - vous avez notamment créé et vous dirigez le comité de suivi du Grenelle de l’Environnement à l’Assemblée nationale - et vous avez également soutenu ce projet de loi sur les OGM… « Tout à fait car ce texte est un progrès ; il constitue la première grande traduction législative du Grenelle de l’environnement en mettant en oeuvre les recommandations issues de ce dernier, s’agissant d’« un cadre rigoureux et transparent pour les OGM et les biotechnologies ». Ceux qui ont voulu concentrer le débat sur des questions réductrices se trompent et trompent les Français en exploitant leurs peurs
- 75% des Français se disent opposés aux OGM. C’est naturel puisque 90 % d’entre eux avouent ne pas savoir ce qu’est un OGM ! Il faut dépasser la polémique et les passions, les a priori et les approches sectorielles étroites et faire confiance à la science et à la raison. »

Quels sont les enjeux pour l’avenir ?

« Aucune recherche n’a pu démontrer l’effet négatif des OGM sur la santé et les arguments avancés par leurs détracteurs sont destinés à alimenter un « fonds de commerce » politique… Il faut dépasser ces clivages car dans 30 ans, un autre problème de santé se posera : il faudra produire 2 fois plus pour nourrir 9 milliards d’êtres humains et ce, dans un contexte de réchauffement climatique et de raréfaction de la ressource en eau… Sans OGM, l’agriculture française serait mise à genoux… Si les plantes génétiquement modifiées peuvent nous aider à relever ce défi, il faut tenter l’expérience et se tourner vers le progrès. Soyons donc vigilants, mais constructifs ! »

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