Déchéance de la nationalité : "La comédie de l’inutile !"  

En renonçant, le 30 mars 2016, au terme de plus de quatre mois de controverses, à convoquer un Congrès pour réformer la Constitution, François Hollande a enterré la mesure la plus symbolique annoncée dans la foulée des attentats du 13 novembre 2015.



Et si le Président a tenté de faire porter la responsabilité de cet échec politique cuisant à l’opposition, arguant que la Droite serait hostile à toute révision constitutionnelle, rien n’est plus mensonger. Car c’est bien en réalité sa majorité qui a fait capoter la révision. En effet, François Hollande s’était engagé solennellement le 16 novembre, devant l’Assemblée Nationale et le Sénat réunis en Congrès à Versailles, et devant tous les Français, à proposer à la représentation nationale une réforme de la Constitution reposant sur 2 piliers :

1- Une constitutionnalisation de l’Etat d’urgence,

2 - Une déchéance de nationalité « d’un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou un acte terroriste, même s’il est né Français – je dis bien même s’il est né Français –, dès lors qu’il possède une autre nationalité », (déchéance qui) « ne doit pas avoir pour résultat de rendre quelqu’un apatride ».

Lors des débats à l’Assemblée nationale, c’est bel et bien la majorité de Gauche, une majorité fragmentée et divisée, qui a trahi la parole présidentielle en votant une déchéance de nationalité applicable à tous les Français, et non plus seulement aux bi-nationaux, satisfaisant ainsi des "frondeurs" qui aujourd’hui jubilent. On ne peut accepter de créer des situations d’imbroglio juridique, c’est bien pour cette raison que Christiane Taubira a démissionné de ses fonctions de Garde des Sceaux. Le Sénat,quant à lui, l’a bien compris, qui a eu pour ambition de traduire l’engagement de François Hollande en rejetant toute écriture de la loi susceptible de conduire à des cas d’apatridie. C’est sur cette écriture de la loi que la droite parlementaire s’était engagée à soutenir la réforme constitutionnelle !

C’est donc bel et bien le Président de la République qui n’a pas su rassembler sa majorité. En politique comme en Droit, nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ! Plutôt que de se livrer à la comédie de l’inutile, François Hollande doit par conséquent assumer toutes ses responsabilités.